L’IA et l’économie de l’insight : ce qu’anticipent 117 professionnels du conseil et du PE.

Temps de lecture
1 min
Auteur·e
Potloc
Date de publication
14 juillet 2026

L’adoption quasi universelle de l’IA, tant par les clients que par les concurrents, trace une nouvelle ligne de partage dans les services professionnels : ce que l’IA peut banaliser, et ce qu’elle ne peut pas. Découvrez les résultats de notre sondage mondial de mi-année.

Sommaire exécutif.

  • Les « flux de travail IA » sont le changement nº 1 qu’anticipent les professionnels du conseil et du PE pour les 12 prochains mois, cité par 32 % des répondants dans leurs réponses ouvertes. L’adoption de l’IA en entreprise est désormais pratiquement universelle — 87 % des firmes détiennent des licences à l’échelle de l’organisation — et elle réduit le temps nécessaire pour se familiariser avec un sujet, analyser une documentation dense et produire les premières versions des livrables.

  • Interrogés sur ce qui les amènerait à commander davantage de recherche primaire, 58 % des répondants ont choisi « un meilleur accès aux publics difficiles à joindre » — plus du double de tout autre facteur. L’éventail des méthodes de recherche primaire reste globalement stable, mais à mesure que l’IA remplace la recherche documentaire préliminaire, la valeur se déplace vers les insights humains rares, que l’IA ne peut ni extraire ni synthétiser.

  • « Le modèle du conseil » est le changement nº 2 anticipé pour l’année à venir, cité par 18 % des répondants dans leurs réponses ouvertes, devant des préoccupations macroéconomiques comme les écarts de valorisation et l’activité transactionnelle. Les clients des firmes de conseil arrivent déjà bien informés par leurs propres outils d’IA, attendent davantage du travail de conseil et négocient les honoraires en tenant pour acquis que l’IA a déjà réduit le coût de service des consultants.

Tendance 1 : Comment l’IA transforme les flux de travail du conseil et du PE.

L’adoption de l’IA à l’échelle de l’entreprise est quasi universelle.

La transition vers l’IA est achevée. 87 % des répondants des services professionnels indiquent que leur firme détient des licences d’IA pour l’ensemble de l’organisation, 10 % les ont déployées pour certaines équipes, et 0 % déclarent n’utiliser aucune IA. Avec une adoption aussi généralisée, l’IA n’est plus un avantage concurrentiel, mais un socle opérationnel.

Adoption de l’IA en entreprise : 87 % licence pour toute l’organisation, 10 % certaines équipes seulement, 0 % aucune IA.

Les flux de travail IA : le changement nº 1 anticipé.

Nous avons demandé aux répondants ce qui, selon eux, changera le plus au cours des 12 prochains mois, en les laissant répondre dans leurs propres mots. Environ un tiers de ces réponses ouvertes convergeaient vers une même idée : la façon dont le travail lui-même est accompli, et avec quels outils. Les « changements dans les flux de travail IA » sont ainsi la réponse la plus fréquente du sondage.

Changements anticipés sur 12 mois : flux de travail IA 32 %, modèle du conseil 18 %, consommation d’insights 13 %, etc.
« Davantage d’accent sur l’analyse que sur la collecte de données, que l’utilisation de l’IA a banalisée. »
Verbatim d’un répondant des services de conseil
« Un traitement des données et des transactions plus poussé et plus en amont qui devient la norme. Des flux de travail augmentés par l’IA à toutes les étapes d’une transaction. »
Verbatim d’un répondant du PE

Où l’IA est mise à profit.

Les usages actuels de l’IA couvrent un large éventail du processus de production d’insights, mais deux tâches dominent : 77 % des répondants l’utilisent pour résumer des rapports et des documents, et 71 % pour s’orienter sur un sujet qu’ils connaissent mal avant de l’approfondir.

Figure verrouillée : principaux cas d’usage de l’IA, conseil vs PE. Disponible dans le rapport complet.

Tendance 2 : Comment l’IA influence la recherche primaire.

Les données synthétiques gagnent du terrain.

Jusqu’ici, l’IA n’a remplacé aucun des outils traditionnels de la recherche primaire — elle s’y est simplement ajoutée. Les entrevues d’experts (96 %), la recherche secondaire (88 %) et les sondages quantitatifs (80 %) restent le pilier de la collecte d’insights de ces firmes, et rien de cela n’a beaucoup changé au cours des trois derniers mois.

Les données synthétiques sont la seule méthode qui connaît une accélération notable. 38 % des répondants les utilisent déjà — plus que les groupes de discussion et l’écoute sociale — et 77 % de ces adopteurs précoces affirment en avoir intensifié l’usage au cours du dernier trimestre seulement. L’engouement est réel; reste à savoir s’il se maintiendra.

Méthodes de recherche primaire : experts 96 %, secondaire 88 %, sondages 80 %, données synthétiques 38 % et en hausse.

L’accès aux publics difficiles à joindre domine.

Lorsque nous avons demandé ce qui amènerait les firmes à commander davantage de recherche primaire au cours de la prochaine année, 58 % ont cité un meilleur accès aux publics difficiles à joindre — plus du double des facteurs suivants les plus cités : l’expertise du fournisseur et la rapidité de livraison des projets.

Il en résulte une sorte de clivage. D’un côté, les firmes déploient à grande échelle des environnements synthétiques et de la modélisation automatisée pour approximer le cœur prévisible et moyen d’un marché. De l’autre, cette même dépendance à l’IA rend la validation empirique, de première main, encore plus précieuse — c’est ce dont les firmes ont besoin pour mettre à l’épreuve leurs constats préliminaires et se donner un véritable avantage dans leurs investissements et leur travail de conseil.

Tendance 3 : Comment l’IA met sous pression le modèle du conseil. 

Un marché stable, mais vigilant.

En surface, les perspectives macroéconomiques du secteur des services professionnels paraissent parfaitement stables. La confiance envers les six à douze prochains mois est nette positive — 53 % confiants, 13 % pessimistes — et est demeurée à peu près stable d’une édition à l’autre de ce sondage. Plus de la moitié des répondants qualifient l’activité actuelle du marché de modérément ou très soutenue; aucun ne la juge très lente.

Confiance pour les 6 à 12 prochains mois : 53 % confiants (net), 31 % neutres, 13 % pessimistes (net).

Les principales sources de friction externe citées par les firmes sont réparties de façon égale et presque à égalité : les écarts de valorisation (47 %), l’incertitude macroéconomique (46 %) et l’instabilité géopolitique (44 %).

La remise en question du modèle du conseil : le changement nº 2 anticipé.

Lorsque nous avons demandé, en question ouverte, quel changement les répondants anticipent le plus pour la prochaine année, deux thèmes liés à l’IA se sont hissés en tête : les changements dans les flux de travail IA à 32 % (voir la Tendance 1) et, juste derrière à 18 %, un thème portant sur l’économie même du travail de conseil — ce que nous appelons la remise en question du modèle du conseil.

En examinant ces réponses ouvertes en détail, nous avons dégagé trois grands sous-thèmes : les clients mènent eux-mêmes les premières étapes de due diligence avec les LLM de leur entreprise, et ont soit moins besoin de conseil, soit des attentes de valeur stratégique encore plus poussées lorsqu’ils y font appel; les clients se servent des gains d’efficacité prêtés à l’IA comme levier de négociation sur les honoraires; et une pression s’exerce pour passer de la facturation à l’heure à une tarification fixe axée sur les résultats, avec des équipes plus légères.

18% des verbatims sur le changement le plus important anticipé pour l’année à venir ont été codés comme des « changements du modèle du conseil »

3 sous-thèmes dégagés.

1

Évolution des besoins des clients
Les entreprises mènent les premières étapes de due diligence à l’interne à l’aide de LLM.

2

Pressions sur les prix
L’attente que les outils d’IA justifient des honoraires de conseil plus bas.

3

Équipes plus légères par mandat
Une poussée interne vers la réduction des effectifs.

Figure verrouillée : verbatims de professionnels du conseil et du PE. Disponible dans le rapport complet.

Certaines réponses ouvertes de répondants du PE donnaient aussi un aperçu de la façon dont le modèle de conseil pourrait évoluer en lien avec leurs investissements. À mesure que l’IA prend en charge une plus grande part de la due diligence de base, la portée des mandats de conseil commandés pourrait se réduire à la marge.

En même temps, l’IA augmente le nombre de cibles qui peuvent être examinées en pré-due diligence — ce qui pourrait accroître le besoin de consultants sur certains plans, même si ce besoin diminue sur d’autres.

« La disruption par les outils d’IA : elle change la portée du travail des conseillers et leur façon de travailler. »
Verbatim d’un répondant du PE
« Nous pouvons tirer parti de [l’IA] pour mener une due diligence plus large, ce qui n’aurait pas été possible auparavant. »
Verbatim d’un répondant du PE

Ces pressions opérationnelles et économiques ont été évoquées spontanément par les répondants comme un changement majeur anticipé — second seulement aux changements dans les flux de travail IA (32 %), et devant toutes les préoccupations liées au marché : incertitude macroéconomique, écarts de valorisation et activité transactionnelle — par des praticiens qui, dans le même sondage, décrivaient les perspectives des douze prochains mois comme globalement positives.

En résumé.

Mises ensemble, ces trois tendances pointent vers la même ligne de partage, qui traverse le conseil, le PE et les firmes qui leur fournissent leurs insights : ce que l’IA peut banaliser, et ce qu’elle ne peut pas.

Les consultants se retrouvent ainsi avec un double mandat : protéger les volets les plus rares et les plus difficiles à reproduire du travail de conseil, et repenser la tarification et la dotation de ce travail lorsque les clients tiennent pour acquis que l’IA réduit le coût de faire des affaires.

Ces changements sont déjà en cours. Jusqu’où chacun ira, c’est une question pour notre prochain sondage.

Lisez le rapport complet.*

Consultez tous les résultats et les mises en garde de notre sondage, ainsi que le détail de notre méthodologie.

*En anglais seulement

Obtenir l’accès
Couverture du Baromètre Conseil et PE de Potloc, juillet 2026 : L’IA et l’économie de l’insight.

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